Construire en Afrique avec la Terre : Le Matériau d'Avenir que Kéré a Montré au Monde
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Construire en Afrique avec la Terre : Le Matériau d'Avenir que Kéré a Montré au Monde

17 avril 2026--14 min de lecture

© Sylvain Cherkaoui / Kéré Architecture

L'Afrique n'a pas besoin de copier l'Occident pour bien construire

Partout en Afrique, le même tableau se répète : des maisons en parpaing béton avec des toits en tôle zinc. Du béton importé, du fer importé, de la tôle importée. Des maisons qui brûlent en saison sèche et qui rouillent en saison des pluies. Des constructions qui ressemblent à n'importe quoi, n'importe où dans le monde.

Pourtant, l'Afrique a ses propres matériaux. Des matériaux qui existent depuis des millénaires. Des matériaux qui gardent les maisons fraîches naturellement. Des matériaux qui coûtent moins cher, qui polluent moins et qui sont plus beaux.

Un architecte burkinabé l'a prouvé au monde entier. Il s'appelle Francis Kéré. Et son travail change la façon dont l'Afrique, et le monde, pense la construction.

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Lycée Schorge Secondary School au Burkina Faso par Diébédo Francis Kéré - architecture en latérite et toiture bois

Lycée Schorge Secondary School au Burkina Faso, conçu par Diébédo Francis Kéré

© Iwan Baan / Kéré Architecture

Francis Kéré : l'homme qui a montré la voie

Diébédo Francis Kéré est né en 1965 à Gando, un petit village du Burkina Faso sans électricité ni eau courante. Envoyé à l'école dans la capitale, puis en Allemagne pour ses études d'architecture, il aurait pu rester en Europe et travailler pour des clients occidentaux. Il a choisi de rentrer construire pour son village. Ce choix a changé l'architecture mondiale.

L'École de Gando : tout a commencé là

En 2001, Francis Kéré construit la première école de Gando avec des briques de latérite, la pierre rouge qui se trouve partout au Burkina Faso et au Sénégal. Il invente une toiture métallique surélevée qui laisse circuler l'air entre le toit et le plafond. Résultat : la salle de classe reste fraîche sans climatisation, même par 40 degrés.

L'école de Gando remporte le prix Aga Khan d'architecture en 2004. Le monde entier découvre qu'avec des matériaux locaux africains et du génie, on peut construire mieux qu'avec du béton et de la tôle.

Le Prix Pritzker 2022 : la plus haute récompense mondiale

En 2022, Francis Kéré reçoit le Prix Pritzker, l'équivalent du Prix Nobel en architecture. Il est le premier Africain à recevoir ce prix. Le jury salue sa capacité à "créer des bâtiments qui répondent aux besoins de communautés dont les ressources sont limitées, sans jamais sacrifier la beauté ni la qualité."

Le message est clair : construire africain, c'est construire bien.

Ses portraits, dans son atelier entouré de maquettes ou tenant une structure en bois devant son regard calme, montrent un homme qui pense avec ses mains ; un homme qui construit des ponts entre l'Afrique et le monde, entre la tradition et la modernité, entre la communauté et l'architecture mondiale.

Logement des médecins de Léo au Burkina Faso par Francis Kéré - murs en terre rouge et toiture en bois naturel

Logement des médecins de Léo au Burkina Faso : la terre rouge, le bois naturel et l'ombre comme seule climatisation

© Kéré Architecture

Le Goethe Institut Dakar : Kéré construit au Sénégal

En 2026, Francis Kéré livre son oeuvre la plus emblématique en Afrique de l'Ouest : le Goethe Institut Dakar, en plein coeur du Sénégal. Ce bâtiment n'est pas qu'un édifice culturel ; c'est une déclaration architecturale.

Ce qui rend ce bâtiment exceptionnel

  • Les murs sont en briques de terre comprimée, faites à partir de la latérite locale
  • Certaines façades sont perforées et laissent passer l'air et la lumière naturellement
  • Un baobab se dresse au centre du bâtiment ; Kéré a conçu l'architecture autour de l'arbre, il ne l'a pas abattu
  • Le bâtiment comprend une bibliothèque, un auditorium et des salles de formation

Ce bâtiment est une déclaration : l'Afrique peut créer de la beauté avec ses propres ressources. Et il est à Dakar. Les Sénégalais peuvent aller le voir, le toucher, comprendre ce qu'on peut faire avec la latérite de leur propre sol.

Le bâtiment a été inauguré le 18 avril 2026. Pour le Goethe-Institut, actif dans le monde depuis plus de soixante-quinze ans, c'est la première fois de son histoire qu'un siège est conçu et construit sur mesure, de l'idée jusqu'à la livraison.

Les Sénégalais qui ont bâti le Goethe Institut

Francis Kéré a dessiné. Mais un plan, même génial, ne devient pas un bâtiment tout seul. Des acteurs sénégalais ont fabriqué la matière et accompagné la construction. Les nommer, c'est le sujet même de cet article : l'Afrique ne manque pas de savoir-faire, elle manque de reconnaissance.

Elementerre, la matière

Les briques de terre comprimée du bâtiment viennent de chez Elementerre, entreprise sénégalaise fondée en 2010 par Doudou Dème, dont la production est installée à Gandigal, près de Mbour.

C'est cette brique qui donne au bâtiment son inertie thermique. Pas un dispositif importé : de la terre sénégalaise, pressée au Sénégal.

Worofila, l'architecte local

L'agence dakaroise Worofila, fondée en 2019 par Nzinga B. Mboup et Nicolas Rondet, est créditée comme architecte du projet aux côtés de Kéré Architecture.

Worofila ne travaille pas que la terre. L'agence utilise aussi le typha, ce roseau qui prolifère dans le delta du fleuve Sénégal et que l'on considérait surtout comme une nuisance. Sa fibre en fait un isolant : panneaux tressés en protection solaire, nattes acoustiques, ou mélangé à l'argile. Une plante envahissante devenue matériau de construction.

On leur doit également des gares du TER et la Vertical House à Ngor. En 2024, la revue Architectural Record les a distingués parmi ses Design Vanguard.

Pourquoi ces noms comptent

Quand un bâtiment africain est salué dans le monde entier, on retient le nom de l'architecte star. Les entreprises et les agences locales qui ont rendu l'ouvrage possible restent dans l'ombre.

Or ce sont elles qui prouvent le vrai message : le savoir-faire existe ici, il est disponible, et il est accessible à quiconque veut construire au Sénégal. Vous n'avez pas besoin d'un prix Pritzker pour bâtir en terre. Vous avez besoin d'un producteur sérieux et d'un architecte qui connaît le matériau. Les deux existent, à quelques kilomètres de chez vous.

École de Gando au Burkina Faso par Francis Kéré - briques de latérite et toiture ventilée

L'École de Gando : des briques locales, une toiture qui respire, et une salle de classe fraîche sans climatisation

© Siméon Duchoud / Kéré Architecture

Les trois matériaux en terre que l'Afrique doit connaître

1. La brique en terre cuite

La brique en terre cuite est fabriquée avec de l'argile façonnée et cuite au four. C'est l'un des matériaux de construction les plus anciens du monde, utilisé depuis l'Antiquité en Afrique, au Moyen-Orient et en Asie.

Ses avantages au Sénégal :

  • Inertie thermique : la terre cuite absorbe la chaleur le jour et la restitue la nuit. La maison reste fraîche pendant la journée et se réchauffe doucement la nuit
  • Durabilité : les fiches environnementales retiennent une durée de vie d'au moins 100 ans, et une maison bien entretenue atteint couramment 100 à 150 ans. Certaines études sur du bâti ancien relèvent des maçonneries encore fonctionnelles après plusieurs siècles
  • Esthétique : la couleur chaude de la terre cuite, rouge, ocre, terracotta, est naturellement belle et s'intègre parfaitement dans le paysage africain
  • Résistance : bien fabriquée, elle résiste aux intempéries et aux insectes

Coût au Sénégal : à confirmer auprès des producteurs. Les prix relevés pour les briques de terre varient fortement selon le type et la région, de l'ordre de 150 à 350 FCFA l'unité.

Sur le confort thermique, plutôt que des pourcentages d'économie invérifiables, voici les chiffres qui comptent. La conductivité thermique d'une brique de terre tourne autour de 0,6 W/m.K, contre 1,1 à 1,7 W/m.K pour le béton et le parpaing. Autrement dit, la terre laisse passer la chaleur deux à trois fois moins vite.

S'y ajoute le déphasage thermique, de 8 à 12 heures : la chaleur accumulée en journée ne traverse le mur qu'une fois la nuit tombée, quand l'air extérieur a fraîchi. C'est précisément ce qui rend ces matériaux pertinents au Sahel, où l'écart entre le jour et la nuit est important.

2. La brique en terre crue (adobe)

La terre crue, c'est simplement la terre mélangée avec de la paille ou de la fibre naturelle, façonnée en briques et séchée au soleil, sans cuisson. C'est le matériau de construction le plus utilisé dans l'histoire de l'humanité. Les maisons de Djenné au Mali, inscrites au patrimoine mondial de l'UNESCO, sont entièrement construites en terre crue.

Ses avantages :

  • Coût quasi nul : la terre est partout, souvent sur le terrain même où on construit
  • Isolation thermique supérieure : la terre crue est encore meilleure que la terre cuite pour maintenir une température stable
  • Écologique : zéro énergie pour la fabrication, zéro transport si on utilise la terre du site
  • Réparable facilement : si un mur est endommagé, on peut le réparer avec de la terre et de l'eau

Limite : la terre crue craint l'humidité. Elle nécessite une toiture avec de grands débords et un soubassement en pierre ou béton pour éviter le contact avec l'eau.

Utilisations au Sénégal : parfaite pour les régions semi-arides (Ferlo, Sine-Saloum, Casamance). À Dakar et sur le littoral, préférer la BTC ou la terre cuite.

3. La brique de terre compressée (BTC)

La BTC est la version moderne de la brique en terre crue. On mélange de la terre avec 5 à 8 % de ciment (stabilisant), puis on compresse le mélange avec une presse mécanique pour obtenir des briques très denses et très résistantes.

Ses avantages :

  • Résistance : une BTC bien fabriquée résiste à 2 à 5 MPa, comparable à un parpaing béton
  • Imperméabilité : le ciment stabilisant la protège de l'humidité
  • Esthétique : la surface est lisse et régulière, elle peut être laissée apparente sans enduit
  • Économique : la filière annonce jusqu'à 30 % d'économie sur le gros œuvre par rapport au parpaing
  • Local : la terre vient du site, seul le ciment est acheté (et en faible quantité)
  • Emploi local : une presse à BTC peut être actionnée par 3 à 4 personnes formées localement

Comment fabriquer des BTC au Sénégal :

  1. Prélever la terre du terrain (latérite de préférence)
  2. Cribler pour enlever les grosses pierres et les racines
  3. Mélanger avec 5 à 8 % de ciment Portland
  4. Humidifier légèrement le mélange (pas trop)
  5. Comprimer dans la presse mécanique
  6. Laisser sécher 28 jours à l'ombre

Coût d'une presse à BTC : 1,5 à 3 millions FCFA pour une presse manuelle ou motorisée. Elle peut produire 300 à 500 briques par jour.

Coût de la BTC : les prix relevés au Sénégal s'échelonnent de 80 à 250 FCFA l'unité selon le producteur, le format et le volume commandé, contre 200 à 350 FCFA pour le parpaing béton. Demandez toujours un prix ferme pour votre quantité : l'écart entre les fourchettes basses et hautes est trop large pour budgéter à l'aveugle.

Intérieur d'un bâtiment en briques de terre avec jeux de lumière naturelle

La lumière filtrée par la brique de terre : fonctionnel, poétique et africain

© Kéré Architecture

L'indice carbone : pourquoi la terre bat le béton

L'indice carbone mesure la quantité de CO₂ émise pour fabriquer un matériau. Plus il est bas, moins on pollue. En construction, le béton armé est l'un des matériaux les plus polluants de la planète ; les matériaux en terre, eux, sont parmi les plus sobres.

Matériau CO₂ émis par tonne Disponibilité au Sénégal
Ciment Portland 600 à 900 kg CO₂/t Importé ou produit industriellement
Parpaing béton 200 à 300 kg CO₂/t Fabriqué localement mais avec du ciment
Brique terre cuite 150 à 250 kg CO₂/t Fabrication locale possible
BTC (5% ciment) 30 à 80 kg CO₂/t Fabrication 100% locale
Terre crue (adobe) 5 à 15 kg CO₂/t Fabrication sur site
Pierre latérite 2 à 8 kg CO₂/t Extraction locale directe

Ce que ça veut dire concrètement :

Ces écarts s'expliquent simplement. La terre crue ne demande aucune cuisson, donc aucun combustible : construire en terre crue mobilise une énergie de fabrication de l'ordre de 3 % de celle qu'exige une construction en béton. Le ciment, lui, se cuit à 1 450 degrés.

L'Afrique peut donc construire des millions de logements sans répéter les erreurs de pollution de l'industrialisation occidentale.

L'Afrique a une chance unique : construire pour des centaines de millions de personnes qui ont besoin de logements, tout en utilisant des matériaux locaux à faible empreinte carbone. C'est un avantage, pas un manque.

Goethe Institut Dakar construit par Kéré Architecture - façade en briques de latérite perforées et baobab central

Le Goethe Institut Dakar : un chef d'oeuvre en latérite sénégalaise, construit au coeur de Dakar en 2026

© Sylvain Cherkaoui / Kéré Architecture

Ce que ça peut apporter au Sénégal et à l'Afrique

Des maisons plus fraîches

Un mur épais en terre ne bloque pas la chaleur, il la retarde. Avec un déphasage de 8 à 12 heures, le pic de chaleur de l'après-midi n'atteint l'intérieur qu'en pleine nuit, quand l'air extérieur a fraîchi et qu'on peut ventiler. En saison chaude à Dakar, c'est ce décalage qui fait la différence entre une maison habitable et une fournaise.

Des économies réelles

  • Sur les matériaux : la filière annonce jusqu'à 30 % d'économie sur le gros œuvre par rapport au parpaing
  • Sur l'électricité : une conductivité thermique deux à trois fois plus faible que le béton réduit mécaniquement le recours à la climatisation. L'ampleur de l'économie dépend trop de la conception, de l'orientation et des habitudes du foyer pour être annoncée en pourcentage
  • Sur la durée : ces économies se répètent chaque année, pendant toute la vie du bâtiment

Des emplois locaux

La fabrication de BTC ou de briques en terre cuite ne nécessite pas d'usine ni d'importations. Elle peut être faite par :

  • Des artisans locaux formés en quelques semaines
  • Des coopératives de femmes dans les villages
  • De petites entreprises artisanales dans chaque quartier

Toute la chaîne de valeur reste en Afrique.

Une identité architecturale africaine

Aujourd'hui, une maison de Dakar ressemble à une maison de Casablanca qui ressemble à une maison de Paris. L'architecture africaine a perdu son identité dans l'imitation. Avec les matériaux en terre, les couleurs chaudes de la latérite, les façades perforées qui laissent passer l'air, les toitures qui créent de l'ombre, une architecture africaine moderne, belle et assumée peut émerger.

Francis Kéré l'a montré. D'autres architectes africains suivent cette voie. Au Sénégal, des projets en BTC et en latérite commencent à voir le jour.

Un avenir face au changement climatique

L'Afrique est le continent le plus touché par le changement climatique, mais le moins responsable des émissions historiques. Construire avec des matériaux à faible empreinte carbone, c'est aussi une façon de prendre sa place dans la solution plutôt que dans le problème.

Comment commencer au Sénégal

Où trouver de la latérite

La latérite (pierre rouge) est présente dans presque toutes les régions du Sénégal, en particulier :

  • Thiès et sa région : très abondante
  • Casamance : disponible facilement
  • Sine-Saloum : en quantité
  • Dakar et banlieue : disponible mais à faire venir des zones périphériques

Acheter des BTC déjà fabriquées

Avant d'investir dans une presse, sachez qu'il existe des producteurs au Sénégal. Elementerre, à Gandigal près de Mbour, fabrique les BTC qui ont servi au Goethe Institut Dakar. Acheter à un producteur établi vous évite l'investissement en matériel et vous garantit une qualité constante, ce qui n'est pas rien sur un matériau où le dosage fait tout.

Demandez systématiquement le taux de stabilisation au ciment, généralement compris entre 5 et 10 %, et la résistance à la compression annoncée. Un producteur sérieux vous donnera les deux sans hésiter.

Où trouver une presse à BTC

Si vous préférez produire vous-même, notamment pour un chantier éloigné où le transport des briques coûterait trop cher, des presses sont disponibles au Sénégal et dans la sous-région. Cherchez auprès de :

  • L'École Polytechnique de Thiès (EPT)
  • Des fournisseurs d'équipements de construction à Dakar

Trouver un architecte qui connaît ces matériaux

Demandez à votre architecte s'il a de l'expérience avec les matériaux en terre, et exigez des références de projets réalisés. Construire en terre ne s'improvise pas : la gestion de l'humidité, les débords de toiture et le soubassement demandent un savoir précis.

Des agences sénégalaises se sont spécialisées sur ces matériaux. Worofila, à Dakar, travaille la terre crue et le typha depuis 2019 et a été l'architecte local du Goethe Institut. D'autres praticiens montent en compétence chaque année.

Le bon réflexe : demandez à voir un bâtiment livré depuis plus de deux hivernages. C'est la saison des pluies qui révèle si la terre a été bien mise en œuvre.

Conclusion

Francis Kéré n'a pas inventé la brique en terre. Il a rappelé au monde que l'Afrique savait déjà construire, et qu'elle peut le faire mieux que n'importe qui : avec ses propres matériaux, pour ses propres conditions climatiques, pour ses propres communautés.

Le Goethe Institut Dakar est là, en briques de latérite perforées, avec un baobab au coeur. Il est beau. Il est frais. Il est africain.

Et des Sénégalais l'ont bâti. Les briques viennent d'Elementerre, à Gandigal. Worofila, agence dakaroise, en est l'architecte local. Les gestes sont ceux d'artisans d'ici. Cette chaîne existe, elle fonctionne, et elle est à votre disposition.

L'avenir de la construction en Afrique n'est pas dans le béton importé. Il est dans la terre sous nos pieds, et dans les mains qui savent déjà la travailler.

Partagez cet article à tous ceux qui veulent construire en Afrique. La connaissance de ces matériaux doit circuler.


Sources

Le Goethe Institut Dakar

Elementerre et Doudou Dème

Worofila

Durabilité de la terre cuite

Performances thermiques de la terre

Prix des briques au Sénégal

  • Relevés auprès de producteurs et de plateformes spécialisées, recoupés entre eux, août 2026
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